Pesticides : et les lauréats des Glyph’Awards sont...

12.02.2019

ENVIRONNEMENT – Créée en 1996, l’association Générations Futures est spécialisée dans la lutte contre les pesticides et autres polluants chimiques de synthèse. De campagnes de sensibilisation en accompagnement des victimes en passant par la réalisation de rapports, l’association ne ménage pas ses efforts pour gagner la bataille. Yohann Garcia, chargé de mission, fait un tour d’horizon. 

 

© Les Pandas Roux - Illustrations : Générations Futures ; droits réservés 

 

 

 

Née de la rencontre entre Georges Toutain, ingénieur agronome et élu en Picardie, et de François Villerette, enseignant, l’association se spécialise dès ses débuts dans la lutte contre les pesticides, dont les effets écologiques et sanitaires néfastes étaient peu connus à l'époque, sinon carrément niés par les pouvoirs publicsSi dénoncer ces impacts auprès du grand public est la vocation première de Générations Futures, l’association s’est très vite attachée à promouvoir des alternatives vertueuses et respectueuses de notre santé et de l’environnement. Depuis 2010, elle accompagne également les victimes de pesticides, qu’il s’agisse de riverain.e.s ou d’agriculteur.trice.s.

 

 

 

Une lutte entre travail de fond et actions coup de poing

 

Face à la résistance des pesticides chimiques de synthèse et autres polluants – ou plutôt de leur industrie productrice et d’une politique protectrice -, qui inondent toujours plus le marché agricole, Générations Futures redouble de créativité et d’énergie pour tenter d’inverser la tendance. En tête de gondole de son dispositif anti-pesticides, la Semaine des alternatives aux pesticides qui a lieu chaque année du 20 au 30 mars. Organisée en France et dans d’autres pays du monde, cette semaine permet de sensibiliser les citoyens aux dangers des pesticides, de promouvoir les alternatives et, chaque année, de rassembler de plus en plus de monde.

 

 

 

En parallèle, dans un labeur de fond (à ne pas confondre avec le labour de fond !), l’association rédige également de nombreux rapports pour tenter de faire évoluer le cadre réglementaire, ainsi que des publications orientées grand public abordant des thématiques liées à la santé, la biodiversité, etc., pour continuer d’alerter. Comme toujours, si le travail de fond est indispensable et précieux, ce sont les campagnes choc qui mettent la cause en lumière. 

 

 

La campagne « Désintox » 

 

Fin 2018, des membres de l’association ont réalisé une analyse de cheveux pour lancer la campagne Désintox. Les résultats sont sans appel. Malgré leur vigilance et leur connaissance dans le domaine, tous étaient contaminés : métaux lourds, perturbateurs endocriniens, résidus de pesticides... Une "belle" opportunité de sensibiliser le plus grand nombre à la généralisation de ces polluants dans notre environnement (alimentation, air, produits de consommation, etc.) dont on sait, de source scientifique, qu’ils sont nuisibles – voire carrément cancérogènes - à notre santé et à l’environnement.

 

 

Les Glyph’Awards

 

Autre campagne, qui a fait du bruit celle-ci, c’est la remise des Glyph’Awards aux cinq départements les plus utilisateurs du pesticide que vous aurez reconnu dans l’intitulé de la « récompense » : le glyphosate. Mais si, ce pesticide plus connu sous le nom de Round up, démocratisé par Monsanto auprès des agriculteur.trice.s du monde entier dans les années 1970 ! C’est ce pesticide qu’Emmanuel Macron, en 2018, s’est engagé à interdire d’ici trois ans - mais sans l’inscrire dans la loi – et dont il dit en février 2019 que « trois années ne suffiront pas pour en sortir à 100% »... Côté impact sur la santé, on vous laisse vous enquérir des effets de cette substance avec le cas de Dewayne Johnson, ce jardinier américain qui a gagné son procès contre Monsanto

 

Bref, le glyphosate méritait sa cérémonie : « L’idée est partie d’une réunion d’équipe où on travaillait sur les cartes de vente des pesticides par département en France. Et on s’est dit qu’on avait beaucoup de mal à faire disparaître cette substance dont la France est accro – deuxième plus gros utilisateur en Europe – et on s’est dit pourquoi ne pas sensibiliser les départements et les pouvoirs publics d’une manière humoristique », explique Yohann. Et les lauréats sont... le Vaucluse, La Réunion et La Martinique. Pas sûr que la "blague" soit du goût de tous...

 

Une cérémonie en pied de nez aux pouvoirs publics qui peinent à assumer leurs responsabilités dans la lutte contre les pesticides et financer des politiques agricoles alternatives. Espérons donc que les Glyph’Awards dureront moins longtemps que les César...

 

 

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