Avec Novamont, le plastique devient biodégradable et compostable

05.06.2019

BIOCHIMIE - Champignons, blé, maïs, châtaignes, tournesol, chardon... ces végétaux ont quelque chose en commun et vous ne le savez sans doute pas. Novamont, entreprise italienne, a développé à partir de ces matières végétales des matières plastiques qui sont biodégradables et compostables. Pour mieux en comprendre le fonctionnement, nous avons rencontré Christophe Doukhi de Boissoudy, directeur-général de l'entreprise en France. 

 

 

© Les Pandas Roux / droits réservés

 

 

Du végétal aux plastiques

 

C'est en utilisant de l'amidon, que l'on retrouve dans de nombreux végétaux comme le blé, le maïs ou encore la châtaigne et les champignons que l'entreprise peut proposer une matière plastique car ces plantes sont composées de polymères, molécules que l'on retrouve dans les matières fossiles à partir desquelles le plastique "classique" est produit. Pour aller plus loin, l'entreprise utilise également de l'huile de tournesol et/ou de chardon car ceux-ci contiennent des propriétés qui renforce la résistance de la matière ainsi que de sucre qui contribue à la production et à la cohésion des fameux polymères nécessaires à la fabrication de ces matières. 

 

L'entreprise, dont le but est évidemment d'être le plus possible en harmonie avec la nature n'utilise pas n'importe quel végétal. Les chercheurs ont sélectionné avec soin les plantes qu'ils allaient utiliser. Si on retrouve notamment du chardon dans la composition de leurs produits, c'est parce que celui-ci pousse sur les sols pauvres, comme en Sardaigne par exemple où l'entreprise a une usine et où les ressources en eau sont rares, où on ne peut pas faire pousser n'importe quelle plante. C'est en étudiant les prédispositions des territoires, en étant à l'écoute de ce que la terre peut apporter, que Novamont développe ses bio-plastiques.

 

 

Des produits du quotidien aux matériaux professionnels

 

Gobelets, sacs compostables ou encore film de paillage, les objets produits à partir du mater-bi sont nombreux et destinés à de multiples usages. Particulier, tout d'abord, car tout un chacun peut retrouver, pour faire ses courses en supermarché, des sacs et des cabas totalement biodégradables et compostables. Depuis l'interdiction en 2016 de proposer des sacs plastiques polluants en France, bon nombre d'acteurs de la grande distribution se sont munis de ces outils pour les remplacer et apporter une solution biodégradable. On peut ensuite utiliser ce type de sachets pour jeter ses déchets organiques, une fois rentré chez soi et ainsi permettre un cercle vertueux. "On y reviendra plus tard". Les particuliers peuvent également retrouver, dans certains de leurs restaurants préférés, assiettes, couverts, gobelets ou bien capsules de café à usage unique mais totalement compostables et/ou biodégradables par la suite. 

 

 

© Novamont

 

Ces matières sont également très utiles en agriculture où les producteurs ont parfois besoin de films de paillage pour faire pousser certaines de leur culture tout en luttant contre des herbes nuisibles. Avec ces plastiques qui se dégradent naturellement après utilisation, plus besoin de les enlever ni de les trier après récolte, il est alors utilisé "dans le sol où il est bio-dégradé par les micro-organismes, ce qui permet d’obtenir un gain de temps et de ressources" selon les explications de Novamont. Clip de maintien pour certaines plantes (comme la tomate) ou diffuseur de phéromones également développés en matière plastique végétale peuvent être aussi être sollicités. 

 

Tout aussi résistant que les matières plastiques "traditionnelles", ces produits peuvent donc nous entourer et devenir une vraie solution au fléau de la pollution plastique.

 

 

De l'économie industrielle à la bioéconomie

 

Mais Novamont ne s'arrête pas à la recherche et à la production de solutions. Désireuse d'être actrice d'un changement d'état d'esprit, l'entreprise s'investit également dans la bio-économie. "La bio-économie, c'est l'économie du vivant. C'est tout simplement de faire une économie comme la nature le fait depuis des siècles. À savoir, tout ce qu'elle produit, elle est capable elle-même de le gérer à quel point que tout ce qu'elle gère en fin de vie n'est pas un déchet", nous explique Christophe. En effet, dans la nature, les éléments en fin de vie ne sont finalement pas des déchets mais permettent, avec leur dégradation, à d'autres éléments de pousser. C'est donc une économie circulaire sur laquelle se base l'entreprise pour réfléchir et produire ses matières plastiques.

 

"Si l'on fait revenir au sol 0,4% de la matière qu'il a contribué à créer, on peut compenser au niveau mondial les gaz à effet de serre."

 

Les activités humaines émettent d’énormes quantités de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère, ce qui renforce l’effet de serre et accélère le changement climatique. Chaque année, 30% de ce gaz carbonique (CO2) sont récupérés par les plantes grâce à la photosynthèse. Ensuite lorsque les plantes meurent et se décomposent, les organismes vivants du sol les transforment en matière organique. Cette matière organique riche en carbone, est essentielle à l’alimentation des hommes car elle retient l’eau, l’azote, et le phosphore, indispensables à la croissance des plantes.

 

Source : Initiative "4 pour 1000" / https://www.4p1000.org/fr

 

C'est pourquoi, au-delà de préférer une consommation de matières plastiques plus raisonnée, biodégradable, il est également très important de valoriser la fin de vie et donc, d'accompagner le compostage des produits par la valorisation des déchets organiques. Cela passe par une collecte des bio-déchets, en ville et à la campagne, par la mise en place de lieux de compostages industriels mais aussi domestiques ou directement au sol. Côté politique, une volonté commence à se faire sentir, en tout cas au niveau européen suite à l'adoption du "Paquet économie circulaire" qui prévoit, dès 2023, une obligation de revalorisation de tous les déchets et, notamment, les organiques. Ultime résistance, le prix, encore et toujours car oui, les bio-plastiques coûtent pour l'instant plus chers à la production que les plastiques "traditionnels".

 

Quelques efforts sont encore à faire, donc, pour contribuer à la réduction des usages plastiques en général et des plastiques nocifs pour l'environnement en particulier. 

 

 

En savoir plus : https://france.novamont.com/

 

 

 

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