GreenIT.fr, la communauté engagée qui invente le numérique de demain

13.06.2019

TECHNOLOGIE - Alors que le numérique est à l'origine de près de 4,2% des émissions de gaz à effet de serre (source GreenIT.fr, étude sur l'empreinte environnementale du numérique mondiale parue du 2015), des experts du secteur mais aussi des citoyens ou des acteurs engagés se mobilisent pour faire du numérique un secteur responsable et durable tout en questionnant son rôle quant à son impact au sein d'une économie plus circulaire, plus positive. Rencontre avec le fondateur de GreenIT.fr, lui-même expert du numérique responsable, Frédéric Bordage

 

© Les Pandas Roux / Tous droits réservés

 

Commençons par un petit point "prononciation". Comme indiqué sur le site - bas carbone, bien sûr - GreenIT.fr se prononce "green ail tea point f r". IT pour "Information Technology" que l’on traduit par le "numérique" ou le "digital" en français, nous précise également ce "À propos" fort intéressant. Objet protéiforme, cette plateforme se veut avant tout un espace de réflexion sur les deux enjeux du numérique responsable que sont les émissions de gaz à effet de serre et les sources importantes de déchets toxiques résultant de la conception des outils numériques, participant à la pollution des écosystèmes et donc à l'écroulement de la biodiversité. L'important est également d'y intégrer la dimension de développement durable afin que son aspect social soit aussi pris en compte. Lancé en 2004, ce blog "fédère 30 000 lecteurs-contributeurs chaque mois et plus de 200 000 visiteurs uniques par semaine". C'est donc plus de 2 millions de personnes différentes qui ont été touchées depuis le lancement. "Preuve que le sujet intéresse le plus grand nombre". On est d'accord, et il est même temps qu'encore plus de monde mette les mains dans ce cambouis digital pour faire avancer les choses. 

 

 

Une communauté d'acteurs engagés

 

"Ce n'est pas une communauté de geek, c'est une communauté de citoyens qui ont envie de léguer une planète et de faire en sorte que nos enfants  - on est beaucoup de parents - aient un avenir, tout simplement," nous indique Frédéric au cours de la conversation. En effet, vu le sujet, on pouvait se poser quelques questions. Mais non. GreenIT.fr, c'est donc une communauté engagée pour participer aux réflexions sur les enjeux autour du numérique. On y retrouve des experts du numérique responsable, comme son fondateur, des citoyens amateurs du sujet ayant envie de faire leur part, des entreprises qui souhaitent réduire leur empreinte environnementale ou encore des associations et organisations non-gouvernementales comme HOP, le WWF ou les Amis de la Terre qui apportent leur aide et leur expertise. Regroupés en plusieurs clubs ou collèges, chacun agit à son niveau pour faire bouger les lignes. 

 

 

 

Par exemple, à l'occasion des élections européennes, l'association Hop / Halte à l'Obsolescence Programmée avait interrogé toutes les listes se présentant pour connaître leur position et propositions par rapport à ce sujet et dont 6 mesures très concrètes sur le numérique ressortaient sur certaines listes comme "interdire l'obsolescence programmée au niveau européen", "encourager la conception de produits durables et réparables" ou bien "favoriser la réparation" thèmes tous chers à la communauté GreenIT.fr. Par ailleurs, l'initiative WeGreenIT, un partenariat entre le Club GreenIT.fr et le WWF France vise à encourager les grandes organisations et/ou entreprises à s'engager dans la veine d'un numérique plus responsable et mettant en place des bonnes pratiques. Les entreprises souhaitant répondre positivement à l'appel pourront bénéficier d'une estimation de l'empreinte environnementale de son système d'information, d'une idée de sa performance environnementale ainsi que d'une idée de sa maturité en matière de numérique responsable. Les experts qui accompagnent le projet identifieront également les bonnes pratiques que chaque entreprise participante devrait mettre en œuvre pour réduire son empreinte numérique.

Entre 2010 et 2025, la croissance du numérique mondiale va doubler.

Source : GreenIT.fr

La communauté intervient donc à de nombreuses échelles et c'est bien son expertise scientifique, rare dans ce domaine, qui est reconnue et sollicitée. 

 

 

Des experts du numérique responsable pour des données scientifiques

 

GreenIT.fr fédère, en plus des citoyens, des professionnels du milieu et des experts, ce qui permet à la plateforme de produire des études, rares dans ce domaine où peuvent se bousculer idées reçues et/ou fausses bonnes idées. Les clubs comme le Club GreenIT.fr ou le collectif Conception Numérique Responsable ont pour vocation à regrouper des porteurs de projets d’organisations privées et publiques. Point très important, il est "fermé aux fournisseurs, il permet à ses membres d’échanger en toute quiétude et de travailler en mode collaboratif pour répondre à leurs besoins dans le cadre de projets Green IT et numérique responsable". C'est donc dans cet esprit que sont développés puis proposés différents outils de conception responsable, des méthodes d'évaluation ou des certifications. 

 

 

 

D'autres parts, à la suite de l'étude publiée en 2015 sur l'empreinte environnementale du numérique mondiale, une mise à jour sera publiée à l'automne 2019 afin de montrer les évolutions et les impacts de ce secteur, les prévisions sur les prochaines années tout en proposant des solutions concrètes pour y remédier. Se positionnant également comme diffuseurs d'information sur le numérique responsable, GreenIT.fr est complété par un blog, accessible à tou.te.s sur lequel on peut retrouver bon nombre d'actualités (ainsi que les fameuses bonnes pratiques) à étudier afin de mettre en oeuvre, chez soi ou au bureau, certains gestes faciles et pourtant peu suivi jusqu'alors. 

 

 

Des gestes pour faire notre part

 

Faire du numérique un endroit plus durable et plus responsable, tout le monde peut s'y mettre. En effet, la surconsommation est d'abord chez les utilisateurs qui ne se rendent pas toujours compte que les impacts sont plus nombreux (et vicieux) qu'une simple utilisation de data center. C'est d'ailleurs "la fabrication des équipements qui est la principale source d'impact environnemental" nous explique Frédéric. Entre extraction des minerais, raffinage puis transformation électronique des composants, les besoins en eau sur la chaîne de production, souvent mélangée à des produits très polluants, sont gigantesques et ultra nocifs pour l'environnement. D'où, d'après Frédéric, un enjeu majeur au niveau de la réduction des équipements pour aller vers un numérique plus responsable. Mais ce n'est pas tout. Celui-ci conseille 4 bonnes pratiques à mettre en oeuvre au quotidien pour réduire sa pollution. 

 

 

1. Allonger la durée de vie de ses équipements

Allonger la durée de vie de ses équipements. Cela rejoint ce que l'on disait plus haut et permet ainsi de lutter contre l'obsolescence programmée, de préférer l'achat de produits d'occasion ou reconditionné et de soi-même se rendre chez un reconditionneur quand notre équipement ne fonctionne plus autant que souhaité. 

2. Éteindre sa box et la boîtier TV le soir

Fonctionne aussi pour le week-end. En effet, allumés 24 heures sur 24, une box ADSL et le boîtier TV associés consomment en moyenne 200 kWh par an, soit la consommation électrique annuelle de 7 ordinateurs portables 15 pouces utilisés 8 h par jour ! En éteignant sa box le soir, on peut facilement économiser 65 à 130 kWh, soit 8 à 16 euros et 650 à 1 300 litres d’eau. Rien besoin d'ajouter, donc.

3. Limiter l'usage du Cloud

 

Limiter l'usage du Cloud en favorisant au maximum le stockage et l'usage local de ses données (et donc continuer d'opérer durable après son super weekend vélo en attendant 2 minutes pour poster sur Instagram toutes ses photos). 

4. Privilégier la TNT

 

Privilégier la TNT plutôt que l'ADSL pour regarder la TV : où l'on apprend que regarder une émission en streaming HD n'est pas bon pour la planète. À l'ancienne, on délaisse l'ordi et on se remet devant le journal de Claire Chazal (sans Claire Chazal) ou on prend un bouquin.

 

 

Donc plutôt que de passer vos week-end à effacer vos emails, vous pouvez commencer par-là pour vous racheter une conscience et une planète.

 

Vous avez dit trop de technologies ? Les experts de GreenIT.fr se plonge depuis quelques temps dans les méandres des anciennes technologies, aussi surnommées "low-tech" pour proposer un numérique allégé mais tout aussi - voire plus - efficace. 

 

 

Low-tech, l'avenir du numérique ?

 

"Low-tech" ne veut pas forcément dire "has been" et c'est bien ce que tendent à prouver Frédéric et les contributeurs de GreenIT.fr, notamment dans cet article La low-tech, un outil de résilience pour l'humanité ?. Moins lourd, plus fluide, remettant souvent du social dans le réseau, il y a beaucoup à reprendre de ces technologies qui pourraient refaire leur temps, couplées (ou non) à des initiatives digitales actuelles. Preuve par l'exemple cité par le fondateur de la communauté, une intelligence artificielle développée par Google peut identifier plus facilement des cas de cancers chez certaines personnes que les médecins qui n'avaient pu déceler certains patterns. Or, dans le même temps, une étude menée par des professionnels de santé, des chercheurs en chimie et en biologie, des vétérinaires et experts cynophiles au sein de l'Institut Pierre et Marie Curie et intitulée KDOG a montré que le flair des chiens permettrait de détecter le cancer du sein à son stade le plus précoce. "Sans contact avec la personne, les chiens de KDOG repèrent la présence d'une tumeur en reniflant la sueur humaine recueillie sur une lingette". Du low-tech à la high-tech tout en conservant l'humain au centre, il n'y a donc qu'un pas que l'on peut franchir aisément. 

 

© Projet KDOG / Institut Curie

 

ll est urgent de s'y intéresser car, comme le signale Frédéric "dans un avenir de moins en moins lointain, (...) les enjeux seront autrement plus vitaux : sauvegarder nos cultures millénaires, diffuser le plus largement possible des connaissances critiques, échanger des informations vitales – santé, agriculture, météo, etc. – et synchroniser nos actions afin de permettre à l’humanité de passer ce cap difficile". On vous laisse sur ces perspectives. Il est grand temps, pour nous, d'éteindre notre box pour le reste de la journée.

 

 

Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à rejoindre la communauté pour faire avancer les prises de conscience et les connaissances à ce sujet : https://www.greenit.fr/

 

 

DANS LE MÊME UNIVERS : 

. Et HOP ! Vive la durabilité et la réparabilité des produits !

. Plastic Odyssey, l’expédition qui veut s’attaquer à la pollution plastique dans le monde (entre autres)

. Spareka vous accompagne dans l'auto-réparation !

 

 

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