Remplis ta poche et tes bocaux de produits locaux à l'Épicerie du Kangourou !

23.10.2019

Si vous habitez dans le Gers ou en Occitanie, vous avez peut-être déjà aperçu cette épicerie itinérante allant de marché en marché pour rendre accessibles des produits bios et locaux vendus en vrac ou en consigne aux habitant.e.s de ce département rural. Anne-Sophie, ancienne chercheuse en écologie, est au volant de cette initiative où règnent lien social et choix de produits sélectionnés dans le respect de tou.te.s : producteur.rices, consommateur.rices et environnement.

 

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Rendez-vous un mercredi matin sur le marché de Gimont, petit village du Gers, situé à équidistance des deux grandes villes du département, Auch et l’Isle-Jourdain. Et c’est bien de là qu’est partie l’idée de développer cette épicerie itinérante de produits bios, locaux, fournis en vrac ou en consigne. « C’est un peu embêtant que les magasins soient toujours situés dans les deux plus grosses villes du Gers. Là, au moins, on fournit le service à plein de personnes dans les petites villes ». Dans ce département rural où rares sont les fois où il ne faut pas se servir de sa voiture pour aller faire ses courses, avoir une épicerie itinérante à portée de main une fois par semaine peut s’avérer très pratique. Et, a priori, plébiscitée par les habitants car « pour l’instant, ils reviennent toutes les semaines donc c’est qu’ils sont contents, je pense » nous glisse Anne-Sophie, non sans un sourire.

 

 

De l’écologie à l’économie (locale et circulaire)

 

Chercheuse en écologie, spécialiste de la question de l’impact de l’agriculture sur l’environnement, Anne-Sophie travaillait à Aix-en-Provence quand un camion de vrac s’est ouvert et venait juste à côté de son lieu de travail. « J’ai trouvé ça absolument génial » nous confie-telle. Quand, 4 ans plus tard, son conjoint est muté dans le Gers, elle se rend compte de la difficulté d’accès géographique aux produits locaux et bios, et ce, alors que le département compte pléthore de producteurs. « Quand il faut faire plus de 30km aller-retour pour pouvoir acheter bio, on se pose la question de l’utilité ». Ni une, ni deux, l’Épicerie du Kangourou démarre son activité le 24 juin dernier et se déplace depuis dans 7 communes du département, que ce soit à l’occasion des marchés, de ventes à la ferme ou bien en partenariat avec des entreprises dont les employés sont intéressés par ces produits.

Sélection et discussion

 

De l’épicerie salée et sucrée (fruits secs, biscuits, pâtes, riz mais aussi farine ou encore céréales du petit déjeuner, tisane, café), des cosmétiques zéro déchet, du vrac liquide (huile, vinaigre, etc.) ou des produits pour nettoyer la maison, on y retrouve vraiment tout ce dont on peut avoir besoin au quotidien. Si, après quelques mois de pratiques, Anne-Sophie fait encore des ajustements, elle se retrouve à présent à devoir -presque- pousser les murs de son camion pour pouvoir accueillir tous les souhaits de ses clients. « Jusqu’à la semaine passée, je ne colonisais pas le haut du camion, à présent si et il faut que j’augmente la quantité de produits » nous indique-t-elle, pour pouvoir répondre à toutes les demandes. Et quand on fait le marché le matin, voir tous ces bons produits peut donner l’eau à la bouche…

 

 

Si les clients sont aussi satisfaits (et fidélisés !), c’est qu’Anne-Sophie opère une sélection rigoureuse sur les produits qui peuvent franchir -ou non- le pas du camion. « Au maximum, je vais voir les producteurs du Gers. Quand ce n’est pas possible de trouver en local, j’élargis un peu aux départements d’à côté, en France. Et ensuite, si ça doit venir de loin, je privilégie toujours le commerce équitable ». Ce qui fait qu’en plus d’avoir une matière première de qualité, elle peut également expliquer d’où vient chaque chose élément, leur parler de son.sa producteur.rice afin que les consommateur.rices puissent même se rendre sur place si le cœur les en dit ! En effet, le credo d’Anne-Sophie pourrait être résumé ainsi « si c’est bio, c’est bien, mais si c’est encore plus que bio, c’est mieux." La preuve  « c’est important d’avoir un bon contact avec les agriculteurs avec lesquels on travaille parce qu’on peut vendre leur produit avec encore plus de passion ». Et ça fait mouche auprès des clients : « généralement, ils sont contents de savoir que la farine, elle vient d’Aubiet, donc à une dizaine de kilomètres, soit de Goutz donc à 15km ». Des produits locaux et bons pour la santé à proximité, que demander de plus ? Ah, oui, du zéro déchet.

 

 

En vrac et en consigne

 

Parce que cela ne suffisait pas, l’Épicerie du kangourou, c’est aussi une offre 100% vrac avec vente de produits zéro déchet. « J’ai une spécificité, c’est que je n’ai pas de poches en kraft. C’est un système de consigne gratuite. Les gens apportent leurs bocaux ou m’en donnent, je les lave en respectant les normes et les gens me les rapportent ensuite quand ils y pensent ou qu’ils n’en ont plus besoin. ». Et pour ceux dont le kilo de pâtes ne passerait pas dans le bocal à confiture, des sachets de courses cousus maison (et dans le village d’à côté) sont également disponibles à la vente. Pour boucler la boucle du zéro déchet, Anne-Sophie se rend chez les producteurs avec ses propres bacs afin de limiter, dès l’origine, la production inutile de déchets et ceci se ressent également au niveau du prix puisqu’il n’y a pas de frais cachés d’emballage ajoutés au prix final. Côté client, cette volonté de retour au format de consigne, encore utilisé il y a quelques dizaines d’années, est d’ailleurs bien présente et acceptée. Ce dont on peut d’ailleurs témoigner puisque nous avons eu l’occasion de croiser un client satisfait en train de déposer un bocal emprunté au camion !

 

Résultat... des courses ?

 

Il fait bon faire ses courses à l’Épicerie du kangourou et cela se ressent. Anne-Sophie nous signale que s'il est mieux d'avoir le temps, «  on s’adapte, si les gens n’ont pas le temps, ils nous déposent leurs bocaux et sacs le matin et les récupèrent à la pause déjeuner  ». Un bon moyen, donc, de pouvoir également satisfaire les travailleurs proches qui ne seraient pas disponibles aux heures de marché. Pour répondre à cette demande croissante, la gérante envisage d’ailleurs de développer un système de commandes puis de livraison qui coïnciderait avec ses présences sur les marchés. De quoi limiter des dépenses de carburant pour tout le monde tout en continuant d’activer du lien social et une meilleure connaissance des producteurs et productrices locaux.

 

Voilà encore une belle initiative qui coche toutes les cases du bon sens !

 

 

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