Le zero waste, porte d’entrée vers plus de santé, d’écologie et d’éthique ?

08.01.2019

ZÉRO DÉCHET – Dans une approche holistique - qui ramène la connaissance de l’individuel à celle de l’ensemble -, l’association Edeni propose à chacun.e d’entre nous d’introduire plus de santé, d’écologie et d’éthique dans sa vie quotidienne. Avec comme porte d’entrée le zero waste. Oui, encore un anglicisme, choisi et assumé celui-ci. Hélène, la pétillante fondatrice d’Edeni à l’origine de cet ambitieux projet, nous explique pourquoi dans un long (mais riche) entretien.

 

 © Les Pandas Roux - Plans d'illustration BootCamp ©Edeni 

 

 

Edeni est une association loi de 1901 qui a pour ambition de nous faire passer de la sensibilisation à l’action en éveillant notre esprit critique. Sur des sujets essentiels comme le réchauffement climatique, la justice sociale ou la solidarité. Le zero waste – l’anglais est privilégié car il permet de faire cohabiter les notions de zéro déchet ET d’anti-gaspillage – a été choisi comme porte d’entrée par Hélène car c’est concret. Avec le zéro déchet, on peut passer chacun de nos gestes au crible du triptyque fondateur d’Edeni : santé, écologie, éthique

 

 

Edeni est née dans les bidonvilles en Argentine

 

Difficile d’expliquer Edeni sans raconter l’histoire de son inspirante – et le terme ici n’est pas galvaudé – fondatrice Hélène, qui enchaîne recherches, formations et conférences – quand elle ne consacre son temps aux causes comme On est prêt ou Il est encore temps – pour contribuer à changer un monde qui ne tourne plus tout à fait rond.

 

Ce constat, elle le fait en Argentine, alors consultante en stratégie pour le gouvernement : « Je travaillais sur des projets en lien avec les Smart City – Ministère, G7, diplomatie –, je  participais à des projets à long terme et à grande échelle sans jamais en voir les résultats concrets sur notre mieux-être et la planète. Avec mon sac-à-dos ou mon attaché-case, j’ai découvert plus de 60 pays, vécu au sein de 150 foyers du monde entier où j’ai découvert les joies et les vertus du minimalisme, d’ambassades en bidonvilles, des yourtes mongoles au désert iranien en passant par les associations cubaines et les conférences australiennes. Partout ce même constat : nous pouvons être bons et innovants mais pourtant nous détériorons inutilement nos écosystèmes et notre santé. » Le coup de grâce, symbole de notre dissonance cognitive : les centaines de bouteilles en plastique distribuées dans les sommets internationaux dédiés... au climat ! 

 

Hélène se lance alors un défi fou : comprendre la situation écologique mondiale, son évolution et les alternatives existantes pour vivre en harmonie avec la planète, les autres, nos valeurs et nous-même. Vaste programme. 

 

 

 

 

5 000 heures de recherches (validées par des experts) plus tard...

 

Économie, finance, santé, mode, monnaie, écologie, nutrition, sociologie, philosophie, ethnologie, production, do it yourself... Hélène s’intéresse à tous ces sujets – et bien d’autres – et à leur interdépendance. Son objectif : prouver qu’il est possible de vivre mieux avec moins, comme elle l’a expérimenté dans les bidonvilles argentins. Et que chacun.e doit avoir accès au savoir pour pouvoir appliquer ce précepte

 

Elle passe alors plus de 5 000 heures à s’informer et à rencontrer des experts qui l’aiguilleront et valideront ses recherches. Un travail fastidieux et rigoureux, grisant aussi, qui lui permet de lancer Edeni en 2017, un organisme de formation dont le but est d’informer et de former des particuliers, des entreprises et des collectifs à des modes de vie plus sains, écologiques et éthiques. Simple. Basique.

 

 

 

Bootcamps Edeni : les déchets, n’en jetez plus, la coupe est pleine !

 

Au cœur de la stratégie d’information d’Hélène pour changer le monde, les bootcamps Edeni. Parmi les formules proposées, le "Bootcamp intégral" est plébiscité. Plus de 50 heures d'informations et de formation dont six ateliers de 3h30 chaque mardi pendant 6 semaines dans des promotions de 20 personnes maximum, animées par des professionnels experts dans leur domaine (dentiste, philosophe, nutritionniste, etc.). Un programme de mails quotidien et l'accès à de la documentation en ligne, entre autres, complète ce programme de formation (voir détail ici).

Au bout, une promesse forte et ambitieuse : acquérir les outils clés pour comprendre les enjeux du XXIe siècle et les moyens d’agir au quotidien en commençant par le zero waste. Et au programme : de la théorie pour développer son esprit critique et (ré)apprendre à apprendre, des ateliers do it yourself pour améliorer sa pratique, et de la méditation pour favoriser la prise de hauteur. 

 

Durant ces ateliers collectifs, les participants apprennent par exemple à fabriquer du dentifrice naturel, de la lessive, des plats sains et éthiques, et autres produits cosmétiques qui sont autant d’alternatives aux produits industriels, trop souvent nuisibles à la santé, à la planète et peu éthiques. En prime, chacun.e repart avec son bocal en verre qui lui sera désormais suffisant pour contenir les déchets de toute une année. Un rappel de l’objectif à tenir aussi, en cas de coup de mou. Difficile de se changer soi-même en six semaines...

 

 

Changer d’attitude pour changer le monde 

 

« Bien sûr, ce n’est pas en fabricant son propre fromage végétal ou sa lessive qu’on va changer le système politico-financier ni même apporter une réponse à la crise écologique que nous traversons », confie Hélène, lucide. Ce sont des petits pas. Mais derrière les petits pas, il y a la prise de conscience. Puis le passage à l’action. Et, enfin, le développement de réflexes quasi pavloviens qui pousseront chaque edenien.ne à s’interroger sur les conséquences de leurs actes et de leurs achats en termes de santé, d’écologie et d’éthique. Toujours.

 

"De l'introspection à l'action,
osons incarner nos idéaux."

Mantra d'Edeni.

 

 

Commence par remplacer les bouteilles en plastique par une gourde en inox, puis à remplacer les gels douches industriels par du savon d’Alep ou de Marseille – sans produits chimiques et sans huile de palme donc sains et éthiques – et à chaque fois, le faire en conscience parce qu'on comprend les enjeux. Si chacun.e d’entre nous consomme moins de viande et de poisson, fait moins de voyages en avion, économise l’énergie... Multiplié par des dizaines de milliers de personnes, imaginez le pouvoir que nous avons. C’est l’objectif d’Edeni, sensibiliser pour agir.

 

Et pour ceux qui n’auraient pas les moyens de participer à la formation (349€ à titre informatif) qui s’adresse aux urbains majoritairement (voir les raisons dans la vidéo ci-dessus), Hélène transmet son savoir dans de nombreuses vidéos sur la chaîne You Tube d’Edeni. C’est informatif et pédagogique. Jamais vindicatif. Parce que, qu’on vive à Paris ou dans un bidonville de Buenos Aires, chacun.e doit avoir la possibilité de faire moins mais mieux. Qu’elles que soient ses contraintes. 

 

 

 

 

Plus de temps et moins d’argent : et si c’était ça le bonheur ? 

 

Études et retours d’expérience à l’appui, Edeni prouve que le mode de vie plus sain et respectueux qu’elle promeut n’est pas plus chronophage que celui imposé par le système capitaliste qui met tout à notre disposition sans qu’on ait besoin de réfléchir (cherchez l’erreur). Il permet aussi à un couple d’économiser 2500€ par an en moyenne. Ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg d’un modèle qui remet l’humain au cœur puisque adopter un mode de vie plus sain et respectueux de l’environnement et des autres, c’est (ré)apprendre à faire soi-même, c’est se (re)connecter à l’essentiel et (re)découvrir le plaisir de vivre en harmonie avec ses valeurs. C’est reprendre le pouvoir sur sa vie finalement. Paraît que c’est même pas chiant... voire que ça rendrait heureux !

 

Chez Les Pandas Roux, Hélène nous a convaincus. À tel point que, grand.e amateur.trice de voyages que nous sommes, on est prêt.e à freiner sur le transport aérien – très polluant – au profit du train. Ou comment voyager moins mais voyager mieux. Franchement, comment résister au voyage en transsibérien évoqué dans la vidéo ci-dessus ? Si c’était ça le bonheur ? Prendre le temps...

 

 

 

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