Dream Act fait rimer consommer avec responsabilité

20.12.2019

 

CONSOMMATION - Trouver un produit du quotidien durable, une idée cadeau éthique ou encore soutenir le travail d'un artisan peut parfois s'avérer un parcours ardu si l'on ne sait pas où chercher et que l'on fait à peine confiance aux étiquettes... C'est pour cela - entre autres - que Diane et Claire ont fondé Dream Act, une market place où trouver des produits dont l'origine, la confection, la provenance ont été passées au peigne fin et dont les vendeurs et vendeuses partagent des valeurs communes autour du respect de l'environnement et de la personne. Nous avons rencontré Diane qui nous précise ce que l'on peut y trouver, comment acheter et surtout, comment mieux consommer.

 

 

 

Dans les petits défis que nous réserve le quotidien, on peut piocher : manger sainement et localement, découvrir la mobilité douce pour aller au boulot en temps de grève, faire 10km de vélo pour une interview super chouette mais aussi (et surtout) réussir à consommer de manière responsable et durable. Si l'on entend (et l'on partage) qu'il faut moins (voire ne plus) consommer, il reste des choses sur lesquelles on ne peut faire l'impasse et aussi des objets pour lesquels on a envie de (se) faire plaisir parce que flûte, à la fin, on vit aussi pour cela. Alors, pour mieux comprendre vers quels produits se tourner pour adopter une consommation éthique et responsable, on s'est tourné vers Diane, cofondatrice de la market place Dream Act

 

 

Des produits à la pelle et pas à la poubelle

 

Lancée en 2015, cette initiative voit le jour quand Claire et Diane, alors colocataires revenant toutes deux de voyages humanitaires pendant lesquels elles ont été amenées à côtoyer des communautés locales, participer à la réduction des déchets et penser leurs gestes de manière solidaire, oublient les gestes mis en place durant cette période une fois rentrées en France. Les deux amies décident alors de rechercher produits et vendeurs.ses correspondant à leurs valeurs et à ce qu'elles souhaitaient voir dans leur quotidien. 

 

 

 

 

 

4 ans plus tard, c'est plus de 30 000 produits qui sont a présent référencés, pour plus de 700 vendeur.se.s différent.e.s. On y retrouve des vêtements de mode éthique pour homme, femme et enfant ainsi que des accessoires. Des cosmétiques sont également en vente, zéro déchet pour certains, vegan pour d'autres, tous élaborés dans le respect des peaux et des besoins de chacun.e et de l'environnement. Pour ceux.celles qui souhaiteraient commander des produits du quotidien, pour la maison ou d'entretien, une palette d'objet est à votre disposition, de la gourde en inox aux sacs de course en passant par un chargeur solaire de portable ou encore de la terre de diatomé, du sel détachant pour le linge et des draps pour le lit. Les amateurs de déco ne seront pas en reste avec des meubles, des objets de décoration ou des kits DIY pour pimper vos intérieurs comme jamais. 

 

 

Echanges, questionnaire spécialisé et comité éthique 


Face à tant de possibilités, comment choisir les bonnes ? Et surtout, comment être sûr que derrière chaque objet se cache réellement une volonté durable, responsable et/ou solidaire et sociale ? 

 

 

Pour s'en assurer, le duo fondateur de Dream Act a mis en place un processus en plusieurs étapes. Tout d'abord, les vendeurs.ses souhaitant faire apparaître leur produit sur la market place sont contacté.e.s par l'équipe afin d'échanger et de mieux comprendre "leur démarche, leur impact, et leurs convictions". Passé ce premier rendez-vous, ils et elles sont invité.e.s à remplir un questionnaire très complet, spécialisé en fonction des objets vendus (cosmétiques, décoration, objets enfants, etc.). Ces questions reprennent "à la fois les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, de l’entrepreneuriat social et de l’économie sociale et solidaire. Des questions plus pointues concernant les matières, ingrédients, les lieux et conditions de fabrication sont posées selon les enjeux de chaque secteur d’activité" peut-on lire sur le site. Ensuite, Diane nous indique qu'un comité éthique interne évalue la pertinence d'accueillir ou non ces nouveaux.elles vendeur.se.s sur la market place. Si l'équipe a le moindre doute, elle convoquera ensuite un comité d'experts indépendant qui tranchera sur le sujet. S'il ne s'agit pas d'un parcours du combattant, les entreprises doivent néanmoins assurer du bien fondé de leur démarche, de la qualité de leurs produits et cela, c'est tant mieux pour nous et pour l'environnement.

 

 

 

En mode éthique, un travailleur reçoit en moyenne 36% du prix du produit alors que dans la grande distribution, c'est environ 0,20%.

 

Pendant ce parcours, une étape est également primordiale : s'assurer que les articles seront vendus à leur juste prix. Diane, habituée à donner quelques explications à ce sujet, nous en raconte bien volontiers un peu plus " je pense qu'aujourd'hui, la consommation de masse nous a faire perdre la nation de prix juste. Il y a un déséquilibre des prix qui n'est pas corrélé avec la réalité. On accepte de payer un smartphone 900€ alors que le sien marche toujours mais on ne veut pas acheter un vêtement à 100€ alors qu'il peut durer 10 ans." Alors oui, on reconnait que certains objets, biens de consommation peuvent être plus chers que d'autres. Mais avec un impact positif derrière : "ce que l'on veut montrer, à travers Dream Act, c'est que oui, vous allez sans doute payer un peu plus cher en consommation responsable mais en faisant que cela, il y a des pans entiers de votre consommation où vous ferez des économies". Et, en effet, les économies réalisées en faisant, par exemple, sa propre lessive, en achetant des éponges durables ou en investissant dans des vêtements de qualité permettent de ne pas avoir à dépenser régulièrement de petites sommes qui finissent par en faire de plus importantes.

 

 


Toujours plus loin, toujours plus vert

 

Un aspect non-négligeable des impacts (sur l'environnement, les salaires, les infrastructures) réside souvent dans le transport des marchandises jusqu'au domicile de l'heureux.se futur.e détenteur.trice d'un produit responsable. "On ne peut pas se permettre de livrer en 3 semaines alors que les gens sont habitués à recevoir des colis sous 5 jours" nous confie Diane. C'est en effet un sujet délicat que l'équipe est en train d'essayer d'optimiser au mieux pour le rendre plus vert tout en restant efficace et compétitif pour rendre cette consommation plus vertueuse accessible à tou.te.s rapidement. Le lancement d'une logistique éco-responsable est donc un des gros chantiers de l'année prochaine, tout comme le développement d'activités ouvertes au public pour mieux comprendre et adopter des démarches durables. "On va proposer un événement par mois avec des experts afin de pouvoir apporter des clés de lecture aux consomm'acteur.rice.s". Si l'on peut déjà retrouver des conseils bien fournis sur comment réduire ses déchets, quels matières écologiques porter ou comment préparer ses produits d'entretien, c'est plusieurs autres sujets qui pourront être traités en direct lors de ces rencontres. 

 

On laissera le mot de la fin à Diane qui résume bien l'ambiance actuelle, dans tous les sens du terme : "en ces périodes de fêtes où on est un peu tenté.e d'acheter tout et n'importe quoi, je pense qu'il est toujours très important de penser à la provenance du produit, sa fabrication et de voir si tout cela fait écho au monde que je souhaite pour moi et pour mes enfants".

 

 

  

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