Deux Pas Vers l’Autre : traverser l’Europe d’ouest en est, à la rencontre des autres, à pied !

08.04.2020

AVENTURE EUROPÉENNE - Début 2018, Marie & Nil se lancent dans une folle épopée, parcourir le sud de l’Europe à pied. Partis le 5 février 2018 de Sagres au Portugal, ils arrivent le 20 février 2020 à Istanbul, un peu plus de deux ans plus tard, après avoir parcouru 10 000 km, traversé 17 pays, découvert mille paysages et fait des rencontres qu’ils n’oublieront jamais. Deux Pas Vers l’Autre, nom donné à cette aventure, c’est avant-tout l’envie irrépressible de découvrir leur continent, l’Europe. Nous avons eu le plaisir de les rencontrer une semaine seulement après leur retour en France. Comme l’entretien fut extrêmement riche, on a décidé de partager leur histoire sous forme de mini-série. 

 

 

Épisode 1 : L'envie de découvrir l'Europe

 © Les Pandas Roux - Illustrations Deux Pas Vers l'Autre

 

 

Marie travaille dans une grande entreprise, à La Défense. Nil est photographe et réalisateur. Deux passions les unissent : le trek et les voyages. Ajoutez à cela deux envies dévorantes, « découvrir l’Europe », leur continent, et « l’envie de raconter le monde », vous avez les ingrédients déclencheurs. Après une « dé-préparation physique » de quelques mois, la définition d’un itinéraire et la sélection d’un équipement de pointe (on parlera de tout ça dans les prochains épisodes), les aventuriers-marcheurs se lancent à l’assaut de l’Europe du Sud. Avec un projet - qui en cache bien d’autres - faire « Deux Pas Vers l’Autre ». 

 

Source : Deux Pas Vers l'Autre

 

Un parcours qui s’étend de Sagres, extrême sud du Portugal (et extrême sud-ouest de l’Europe), à Istanbul en Turquie, porte de l'Orient à l’extrémité est de l’Europe. Les pays traversés dans l’ordre : Portugal, Espagne, France, Italie, Suisse, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Kosovo, Macédoine, Albanie, Grêce, Bulgarie, Serbie, Roumanie, Turquie.

 

Une aventure dantesque...

 

Les chiffres sont vertigineux : 746 jours de périple, 10 000km à pieds, 17 pays visités, des centaines de villages traversés et plus de 100 parcs et réserves naturelles. « Après, tous ces chiffres, ce n’est pas le plus important pour nous, ce n’est pas ce qu’on dit en premier », modère Nil. Et d’expliquer, quand on lui demande pourquoi la marche : « La marche, ça a vraiment été un vecteur, un moyen d’aller vers les autres... dans ces endroits... en totale liberté. De pouvoir nous arrêter exactement quand ça nous chante ». Et Marie d’ajouter : « On a décidé de faire ce voyage à pied parce que c’était le meilleur moyen d’arriver à nos fins, c’est-à-dire découvrir l’Europe et rencontrer ses habitants le plus intimement possible... en passant du temps avec eux, pas simplement en partageant un café mais aussi en étant invités chez eux. Parfois, on est resté un, deux, cinq, dix jours chez certains. » Avant de préciser dans un rire que dix jours chez l’habitant, c’était le maximum et que c’était arrivé qu’une fois. 

 

 

Pourquoi l’Europe ? 

 

« On avait très envie de découvrir notre continent. On a réalisé qu’on avait beaucoup voyagé, souvent très loin, à la recherche d’un certain exotisme qu’on pensait trouver sur d’autres continents et on a réalisé - Nil connait l’Asie du sud-est comme sa poche et moi j’ai passé pas mal de temps en Amérique latine - qu’on n’était même pas capables de nommer toutes les capitales européennes. Ça n’a pas de sens ! », confie Marie. Et Nil d’ajouter que le fait de voyager, « chez soi » en Europe, offre une liberté qu’ils n’osaient pas forcément prendre sur d’autres continents : « On a toujours peur de sortir des sentiers battus. Là, on avait la liberté de créer notre propre itinéraire et notre propre aventure". Décidément, la liberté est un concept qui revient souvent. Un autre, peu explicitement évoqué jusqu’ici, revient aussi…

 

 

Un voyage, des défis… surtout un : écologique !

 

Si les défis sportifs et logistiques sont la clé de la réussite - parmi d’autres - , le défi qui tient à coeur de Marie & Nil (et on en est plutôt ravis chez les Pandas), c’est le défi écologique ! En lançant Deux Pas Vers l’Autre, ils créent aussi « 1kg for the Planet ». Le projet - redoutable de simplicité (et d’efficacité si tout le monde s’y met) - est de collecter des déchets. « L’idée c’est de montrer que si nous, en chemin, on est capables de réserver une place dans nos sacs à dos aux déchets, pour rendre les sites naturels plus jolis et les préserver, et bien c’est possible pour tout le monde », explique Marie. Et ils ont fait leur part, consacrant jusqu’à 10% du poids de leurs équipements à cette collecte… grâce à leur tote bag dédié… aux couleurs du projet. 

 

                       © Deux Pas Vers l'Autre

 

 

 

Gestion des déchets en Europe : pas tous égaux mais même combat !

 

Et côté gestion des déchets ça se passe comment, ailleurs, en Europe ? Comme on pouvait s’y attendre, la réponse est : « S’il y a des pays où ça a été facile de faire une petite différence en ramassant les déchets, il y en a d’autres où on avait l’impression qu’on n’aurait pas assez d’une vie pour ramasser tout ce qu’on voyait » se désespère Marie. Les raisons de cette disparité dans le traitement des déchets d’un pays - ou d’une région - à l’autre, Marie & Nil les expliquent de par de multiples facteurs : la culture qui fait qu’en Grèce, par exemple, Marie fut choquée de constater que les gens jetaient leurs déchets par la fenêtre de leur voiture... les politiques publiques comme en Albanie où la corruption semble régner... le niveau de conscience et le développement économique avec cette impression que les habitants au niveau de vie modeste « ont d’autres chats à fouetter »... comme au Kosovo qui sort de la guerre.

Nil, lucide, nuance : « Après, chez nous, on a des types de pollution qui sont plus insidieux, plus terribles, comme la pollution chimique, qui ne sont pas palpables et qui ne sont même pas visibles et qui sont pourtant bel et bien là et, parfois, posent plus de problèmes, très graves, à la biodiversité et à l’environnement. On est tous responsables et cette conscience on doit l’acquérir dès le plus jeune âge grâce à l'éducation ». On ne l’aurait pas mieux formulé…

Voyage, voyage... progressif et responsable !

 

L’autre volet écologique, plus subtil, c’est de pousser les Autres (nous, les européen.ne.s en l’occurrence) à voyager aux portes de chez eux : « Rechercher les merveilles européennes qui pouvaient pousser à voyager sur le continent pour éviter les grands trajets en avion et en voiture, c’est aussi ce qu’on veut montrer à travers ce voyage », s'enthousiasme Nil. Au fait, les paysages, c’était comment ? Vous avez dû en voir du pays ? « Quand on est à pied, c’est progressif, on a le temps de découvrir. On n’est pas tout de suite sur la montagne ou sur la côte. On arrive tout doucement par l’arrière pays… ça commence à sentir l’iode… et on arrive sur la mer. Ça a été comme ça un petit peu partout. Marcher a permis de se rendre compte de l’immensité du continent et fut aussi l’occasion de tomber nez à nez avec « des bombes atomiques » de paysages ». Il suffit de faire un tour sur la page YouTube de Deux Pas Vers l’Autre pour comprendre que les termes de « bombes atomiques » ne sont pas excessifs et que les mots sont certainement insuffisants pour se rendre compte de la richesse et de la merveille des paysages qui jalonnaient ce parcours…

 

 

D’ailleurs, la semaine prochaine, si vous êtes fidèles, Marie & Nil nous révèleront comment ils ont construit leur itinéraire… puis les coups de mou, les moments de joie et bien d’autres histoires qui valent la peine d’être partagées…

 

 

ÉPISODE 2 : Dire "oui" à la rencontre 

 © Les Pandas Roux - Illustrations Deux Pas Vers l'Autre

 

Avant de se lancer, Marie & Nil avaient dessiné les grandes lignes de leur itinéraire avec un leitmotiv, la diversité : « On voulait éviter les routes, accéder aux petits sentiers qui nous mèneraient un peu aux endroits secrets (…), on a voulu mettre des villages, mettre la rencontre au coeur de cet itinéraire, aller la chercher deux fois plus loin, faire deux pas vers l’autre, tu vois ?! », s’amuse Marie.

Bien sûr, au gré des saisons, de la météo, des situations et des rencontres, l'itinéraire a évolué. 

 

Pour faire un pas plus loin...

En amont et au fil de l’aventure, une communauté "Deux Pas Vers L’Autre" s’est créée, constituée d’internautes qui avaient l’opportunité de choisir un bout de leur itinéraire au quotidien, d’aventuriers venus les rejoindre quelques jours pour partager un bout de chemin, de gens sur leur parcours leur ayant offert de l’aide (un café, un repas, l’hébergement, un peu de chaleur humaine, des conseils et astuces, etc.), de mécènes ou encore des soutiens moraux et logistiques à distance. 

                       © Deux Pas Vers L'Autre 

 

Bonus : pour les adeptes des coordonnées GPS et autres Google Map, découvrez, par pays, l’itinéraire prévu initialement et comparez-le avec l’itinéraire confronté à la réalité : https://www.deuxpasverslautre.com/le-chemin 

 

 

Les Kanaky’s, une rencontre qui a tout changé 

 

La première semaine, au Portugal, Marie & Nil font une rencontre qui va changer leur aventure. Alors en train de se ravitailler dans une supérette, une dame leur met une petite tape dans le dos. Elle avait vu le drapeau sur le sac de Marie et s’était dit « tiens, il se passe quelque chose, il y a un projet derrière ce drapeau ». Il s’agit de Michelle, une française qui avait entrepris quelques années plus tôt avec son mari et sa fille de 5 ans une aventure similaire à vélo, les Kanaky’s roulent, avant de s’installer au Portugal.

 

« Elle nous a posé plein de questions, elle a compris ce qu’on faisait et elle nous a donné quelques conseils comme celui de ne jamais dire « non » simplement parce qu’on souhaitait marcher, de garder la marche comme un moyen et non comme un but » explique Nil. Elle les invitera ensuite chez elle. Sa maison se trouvant à plusieurs kilomètres à l’arrière de leur itinéraire, Marie & Nil acceptent, un peu réticents, l’invitation… et de monter dans sa voiture. Bien qu’ils s’étaient dit qu’ils ne le feraient pas, accepter de monter dans cette voiture pour passer quelques jours chez les Kanaky’s a changé leur voyage « Ils ont partagé plein de conseils avec nous et notamment celui de ne rien refuser. Ça a conditionné le reste de notre parcours parce qu’on s’est sentis beaucoup libres de choisir notre chemin et d’aller rencontrer l’autre » conclut Nil. Marie nous précisera que les trajets en voiture furent exceptionnels, en cas de nécessité réelle.

 

 

                           © Deux Pas Vers L'Autre 

 

« Nous, on parlait à tout le monde »

 

Les bases étant posées : de la marche, de la marche, de la marche - de la voiture si besoin -, ne jamais dire non et une envie irrépressible de faire des rencontres… il ne restait plus qu’à… faire des rencontres ! À la question, un peu idiote, y a-t-il une méthode pour rencontrer l’autre, Marie a (quand même) une réponse : « On ne peut pas arriver quelque part et se dire « ah, j’ai vraiment envie de rencontrer les locaux, de voir comment ils vivent, etc. » sans chercher à les rencontrer vraiment en ayant une attitude qui pousse à la conversation. Concrètement, nous, on parlait à tout le monde. C’est-à-dire que quand on traversait un village, ou même entre deux villages quand on croisait un gars qui travaillait sur son tracteur, on disait bonjour à tout le monde et dès que c’était possible on engageait la conversation, on expliquait notre projet, on demandait de l’eau (même si on en n’avait pas besoin) ». Se mettre dans des bonnes dispositions et avoir une attitude positive semblent être une des clés pour faire des (belles !) rencontres. Ce qui veut dire qu’au moindre coup de mou, les rapports peuvent changer…

 

 © Deux Pas Vers L'Autre 

 

 

 

 

Contre les coup de mou, « garder foi en chaque rencontre »

 

En deux ans d’aventure, malgré les coups de mou et la fatigue, Marie & Nil conserve leur état d’esprit ouvert et positif : « Si on est un peu fatigué, qu’il nous est arrivé une ou deux bricoles humainement moins sympas, on peut vite refermer sa petite coquille et se dire « Oh, ils sont moins sympas ici » et en fait c’est pas vrai, c’est nous qui devenons moins sympas. Ça c’est un vrai effort qu’il faut faire de toujours arriver à s’ouvrir, à ne jamais se laisser polluer par une ou plusieurs mauvaises expériences et à garder foi en chaque rencontre qui peut déboucher sur un moment sympa », explique Nil. Ça fait beaucoup de fois "sympa" dans une seule phrase nous direz-vous... le signe d'une philosophie indispensable à ce type de périple.

 

La positive attitude, comme dirait Jean-Pierre Raffarin (ou Lorie, on ne sait plus avec tous ces grands auteurs…), fut d'ailleurs à l’origine de beaux moments pour Marie & Nil. Que vous retrouverez dans l’épisode 3 la semaine prochaine !

 

 

ÉPISODE 3 : Merveilles naturelles, partage et connaissance de soi 

 

© Les Pandas Roux - Illustrations Deux Pas Vers l'Autre

 

 

 

 

ÉPISODE 4 : Pourquoi visiter le Kosovo, où mange-t-on le mieux en Europe et genèse du périple

 

© Les Pandas Roux - Illustrations Deux Pas Vers l'Autre

 

 

 

ÉPISODE 5 : L'aventure au quotidien et identité européenne 

 

© Les Pandas Roux - Illustrations Deux Pas Vers l'Autre

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Please reload