Bas les pailles en plastique qui polluent les océans (testons les pailles en maïs)

02.08.2018

ÉCOLOGIE – Yasmine, Mounia et Johanna sont les trois fondatrices de Bas les pailles, l’association à l’origine de la pétition pour interdire l’usage des pailles en plastiques en France. Certes agréables pour siroter nos cocktails, elles sont un véritable fléau pour la biodiversité. Yasmine nous raconte pourquoi et, surtout, quelles sont les alternatives.

 

 

 

C’est l’été, il fait chaud et on aime bien se désaltérer en terrasse avec une limonade ou un Mojito après une dure journée de boulot. On est décontracté.e, entre ami.e.s, quand le précieux breuvage arrive sous notre nez. Il est souvent agrémenté d’une paille, voire deux, et d’un mélangeur aussi (comme si la paille ne pouvait pas servir à remuer). Le tout est en plastique. Machinalement, on saisit l’objet qui va nous aider à étancher la soif et, sans s'en rendre compte (dans le meilleur des cas), on est complice de la pollution des océans

 

 

La paille qui cache l’océan (de plastique)

 

Les pailles en plastiques, qu’elles soient jetées à la poubelle pour être recyclées ou qu’elle s’envolent après qu’on les a retirées et posées à côté de notre verre finissent souvent à la mer. Dans le premier cas de figure, malgré notre bon réflexe, elles ne passent pas dans les machines de recyclage du fait de leur petit diamètre. Dans le cours d'eau le plus proche et, de fil en aiguille, dans les océans... où huit millions de tonnes de déchets en plastique, dont 500 de pailles (une paille !), atterrissent. Dans le second cas, elles s’envolent et finissent bien souvent dans le paysage.

 

                     © REFEDD - Vamos a la playa !

 

On stigmatise la paille mais le problème est identique avec un tas de petits objets en plastique comme les cotons tiges (bientôt interdits), les touillettes, les bâtonnets de sucette, etc.

 

200

 

c’est le nombre d’années qu’il faut à une paille pour être dégradée.

Au bout de 200 ans, si elle n'a pas été ingérée par des animaux - comme cette tortue rendue tristement célèbre avec sa paille dans le nez - , elle est dégradée en micro plastique qui est tout aussi polluant et plus difficile à détecter.

 

 

 

 

Pailles en bambou, inox et autre bio plastique comme alternatives

 

L’association Bas les Pailles, fondée par Yasmine, Mounia et Johanna, milite depuis 2017 pour informer sur la pollution des pailles en plastique via des actions de sensibilisation (projections, débats, réseaux sociaux, etc.) pour inciter les personnes à changer leurs habitudes et les commerces à utiliser des alternatives à la paille en plastique comme les pailles en bambou, en carton ou comestibles, les pailles lavables et réutilisables en inox ou encore des pailles en bio plastique conçues à partir d’amidon de maïs. Vraiment, on n’a plus d’excuses !

 

Enfin, dernier étage de leur combat : Bas les pailles agit pour changer la législation française et en finir avec cette société du jetable, en particulier avec leur pétition visant à interdire les pailles en plastique en France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’après plusieurs mois d’action, les choses sont peut-être en train de bouger. 

 

 

Vers une interdiction des pailles en plastique en France ? 

 

 

Si à l’étranger – comme en Grande-Bretagne, à l’Ouest des États-Unis ou au Costa Rica – les choses ont bougé grâce à l’engagement des gouvernements et de grands groupes comme McDo en Angleterre, c’est plus difficile en France.

Du moins, ça l’était en juin, quand nous avons rencontré Yasmine. Depuis, la Ville de Paris a acté la suppression progressive des pailles en plastique, le 5 juillet 2018. Cela faisait écho aux déclarations, deux jours plus tôt, de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire qui dévoilait son plan pour la biodiversité et souhaitait « la fin des plastiques non biodégradables avec un objectif de zéro plastique rejeté dans les océans en 2025 ».

Les pailles et mélangeurs servis quasi-systématiquement dans les bars et cafés figurant en tête de liste de ces objets en plastique à usage unique. 

 

  

 

Bas les pailles, tous ensemble !

 

En attendant le décret d’application, comme le disait le poète romain Publilius Syrus : « là où il n’y a pas de loi, il y a la conscience », alors n’attendons pas pour agir. Certaines entreprises commencent à jouer le jeu comme Eurostar et Pernod Ricard qui ont, respectivement, interdit les pailles en plastique dans leurs trains et dans leurs événements. Un bon début, en attendant que d’autres comme les géants de la restauration rapide emboitent le pas

 

À notre échelle, adoptons ces bons réflexes et sensibilisons notre entourage, comme Yasmine : « Quand je commande un verre dans un bar, je vais directement voir le barman ou la barmaid et je lui explique pourquoi je ne veux pas de paille en plastique dans mon verre. Sinon, entre le serveur qui prend ma commande et le barman qui la réalise, il y a une chance sur deux pour que l’info se perde et que le verre arrive avec une paille ». Et oui, expliquer c’est le meilleur moyen de se faire comprendre et de changer les choses. 

 

Que les accros de la paille dédramatisent, ce n'est pas la mer à boire, juste une paille en moins ! Et une plus longue vie pour la biodiversité (qui aimerait vivre sans la peur de la paille)...

 

 

 

 

 

 

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