Green is the new black, un voyage à travers la mode éthique

04.12.2018

MODE - La mode fait partie des industries les plus polluantes au monde. En partant de ce constat, deux étudiantes, Mathilde et Léa, ont choisi de fonder l'association Green is the new black, qui promeut la mode éthique, et de partir en Asie à la rencontre des entrepreneurs qui développent une mode durable et responsable. Elles nous racontent leur expérience. 

 

© Les Pandas Roux / Green is the new black

 

 

Le début de l'aventure

 

Mathilde et Léa sont étudiantes en Master à l'IESEG. Leurs points communs ? "Une sensibilité pour les enjeux socio-environnementaux actuels et un intérêt certain pour l'industrie de la mode". Ni une, ni deux, l'association Green is the new black était née pour conjuguer ces deux passions et faire bouger les choses dans le bon sens de la mode éthique. "Il y a un problème de rythme. On est passé de 4 saisons à 52 collections par an pour la fast-fashion", nous précise Léa. Conséquence, l'industrie de la mode est la 2e industrie la plus polluante au monde après celle du pétrole. Il s'agissait donc, pour nos étudiantes, d'étudier les alternatives possibles en France, mais aussi dans le monde, pour proposer aux entreprises du secteur de travailler de manière plus durable et plus éthique. 

 

Il y a un chiffre qui dit que l'on ne porte

que 30% de notre garde-robe. 

Mathilde

 

Le projet

 

Mathilde et Léa décident donc de partir dans 6 pays d'Asie à la rencontre d'entrepreneurs qui proposent -déjà- des alternatives pour une mode éthique. Le but ? Rapporter ces alternatives en France et accompagner les entreprises françaises vers ces modes de production. Elles y rencontrent une cinquantaine d'acteurs établis en Inde, Chine, Thaïlande, Vietnam, Cambodge et Philippines. Des producteurs de tissus non polluants aux designers d'accessoires durables en passant par la confection de couleurs responsables et la réutilisation de tissus (plutôt que d'en fabriquer), c'est tous les échelons de la production de cette industrie qu'elles côtoient.

Les deux étudiantes en profitent pour réaliser des interviews, comprendre les modèles économiques de chaque entreprise tout en évaluant les contextes et leurs impacts sociaux et environnementaux afin de permettre à d'autres de s'inspirer de ces bonnes pratiques.  

 

Toutes leurs analyses sont à retrouver sur leur site dans la catégorie "Best practices". C'est passionnant et enrichissant, que l'on soit spécialiste du secteur ou néophyte de la mode (comme un panda roux, en gros). 

Les bonnes pratiques rapportées dans les bagages

 

 Elles découvrent, par exemple, à Hong Kong, les fondateurs de l'entreprise Cosmos Studio qui produit une teinture durable. "Les teintures et le traitement des eaux usées font partie des processus de fabrication les plus polluants dans l’industrie de la mode. En effet, les eaux sont souvent rejetées dans la nature sans traitement. Aujourd’hui, 70% des cours d’eau chinois sont contaminés et 20% de l’eau potable dans le monde est polluée par l’industrie textile".

  Pour pallier cela, l'entreprise utilise une technologie d'impression des colorants sur les tissus qui ne fait appel qu'à 0,3L d'eau pour la confection d'une chemise et que l'on pourra ensuite réemployer pour d'autres activités alors que la technique de coloration classique nécessite l'utilisation de quelques 600L d'eau non recyclable car trop polluée. Cosmos Studio, comme l'ensemble des acteurs rencontrés, joue également un rôle social actif en rémunérant au juste prix ses employés. 

 

  

 

Et après ?

 

Pour Mathilde et Léa, ce projet ne s'arrête pas à ce voyage et à ses rencontres. Elles donnent des conférences auprès d'étudiants du secteur afin de les familiariser à ces pratiques et leur présenter les alternatives existantes. Elles accompagnent également les start-up et les entreprises dans la construction de leur modèle durable tout en les mettant en relation avec ces entrepreneurs pour que le lien durable fonctionne à l'échelle internationale et essaime.

 

Pour le reste du monde, il s'agit de repenser -un peu- la façon de s'habiller. Comme pour d'autres habitudes -un peu- néfastes pour la planète, le changement passera principalement par les consommateursVoici quelques petits conseils pour amorcer en douceur une transition vers une garde-robe plus responsable : 

. vérifier la provenance, les matériaux utilisés, se renseigner sur les producteurs, les marques éthiques ;

. pour les acheteurs compulsifs, privilégier l'achat de seconde main ou la location de vêtements ;

. ne pas craquer pendant les soldes !

 

 

 

Et pour les -très- fainéants, Les Pandas Roux ont compulsé une petite liste d'alternatives sympas pour sa garde-robe, son budget et sa planète : Vinted (vente d'article de 2nde main), Les Récupérables (production de vêtement upcyclé), Ekyog (vêtements bio et naturels), Crush On (site de friperies en ligne), Le Closet (site de location de dressing), etc.

 

Et vous, laquelle privilégiez-vous ?

 

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Please reload