Le Solar Hôtel, un établissement qui fait rayonner le bon sens (et où on parle très peu d’énergie solaire)

23.10.2018

TOURISME VERT – Le Solar Hôtel est de ces établissements qu’on aime tant il coche toutes les cases du bon sens. Écologique, économique, militant… c’est, en plus, un vrai laboratoire qui prouve, depuis bientôt 10 ans, qu’un modèle économique respectueux de l’environnement et des humains est viable. On a rencontré François, le gérant, qui nous en dit plus. 

 

 © Les Pandas Roux - Photos par le Solar Hôtel

 

 

 

Pour le Solar Hôtel, tout commence (ou presque) en 2009, quand son fondateur, Franck Laval, père de François, militant écologiste de la première heure et hôtelier indépendant, décide de faire converger ses convictions écologiques avec son activité professionnelle. 

 

À la tête d’un petit hôtel dans le quartier de Denfert-Rochereau, à quelques pas de la magnifique rue Daguerre, il veut prouver qu’on peut faire tourner une affaire tout en étant écologiste. 

 

 

On fait le bilan, efficacement

 

Fin des années 2000, grâce à une aide financière de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie) qui le finance à hauteur de 50%, Franck fait réaliser un bilan carbone pour avoir une vision globale des émissions produites par son établissement. En découleront des constats instructifs et, surtout, une série de recommandations allant de l’installation d’économiseurs d’eau au choix de fournisseurs bio et locaux pour le petit-déjeuner servi aux clients, en passant par un usage parcimonieux de l’ascenseur – qui compte pour lui seul 25% de la consommation énergétique de l’hôtel.

 

 

 

Engagement écologique : promis, vous ne verrez pas la différence !

 

Le père et le fils repensent totalement le concept de leur hôtel à commencer par le banal (mais efficace) échange des ampoules classiques pour des ampoules basse consommation. Puis l’installation d’économiseurs d’eau dans les chambres, permettant de réduire la consommation de 30%, l’installation de (très) grands vases décoratifs dans le jardin, récupérateurs d’eau de pluie (utile pour arroser les plantes et alimenter les WC collectifs de l’hôtel), l’installation de panneaux solaires pour alimenter les panneaux lumineux en façade de l’hôtel, le choix de la sobriété et du non remplacement - ou que si nécessaire - des meubles décoratifs dans les chambres, la mise à disposition gratuite de vélos pour les clients… qui lui valent d'obtenir l'Écolabel européen et la note maximale du label Clef Verte.

 

Et tant d’autres petites choses invisibles et simples à mettre en place pour que le bon sens reprenne ses droits. Avec une exigence forte : l’hôtel doit être le plus écologique possible sans que l’expérience proposée aux clients ne soit dégradée.

Ni le prix impacté…

 

 

 

Engagement économique : ça coûte pas plus cher d’être écolo (peut-être même moins)

 

Avec un prix de 89€ la nuit (taxe de séjour, prêt de vélos et petit-déjeuner inclus), dans un quartier parisien des plus plaisants, le moins que l’on puisse dire c’est que le Solar Hôtel propose des tarifs attractifs. Ce qui n’empêche pas les hôteliers (vertueux) de gagner leur vie : « On est des écolos mais avant tout des entrepreneurs. Ce qu’on veut, c’est montrer qu’on peut gagner de l’argent sans rogner sur nos valeurs écolos », insiste François. Avant de poursuivre : « mon père rappelle souvent qu’on a deux bilans ; le bilan écologique, qu’on essaye de réduire et le bilan financier qu’on essaye d’augmenter ». 

 

Ce qui devrait être le cas les années à venir puisque le père et le fils envisagent d’ouvrir des franchises pour répliquer le modèle et en faire des laboratoires à idées. Dont une est l'enseignement théorique et pratique, sur site, d'une hôtellerie durable à de jeunes étudiant.e.s aspirant.e.s hôtelier.e.s.

 

 

 

Engagement militant : Ô lieu associatif !

 

Et des idées, ils en ont déjà testé quelques unes qui fonctionnent bien comme le recours à L’école de la deuxième chance pour embaucher des salarié.e.s. Salarié.e.s qui doivent apprécier travailler au Solar Hôtel puisqu’ils restent en moyenne 10 ans dans l’établissement. Fait rare dans l’hôtellerie pour être noté. L’attention qui leur est portée, comme l’usage de produits d’entretien éco-responsables non-nocifs pour la santé, y est sûrement pour quelque chose. Ou le fait que les gérants recrutent des personnes du quartier. 

 

Vie de quartier qui est d’ailleurs chère à François et son père qui s’attachent à la faire perdurer. C’est pourquoi ils organisent le vernissage et hébergent chaque mois, à titre gratuit, des expositions de photos et de peintures d’artistes du quartier, qu’ils sont le point relai d’une AMAP (Aide au Maintien d'une Agriculture Paysanne) ou encore qu’ils se fournissent autant qu’ils peuvent dans les commerces de proximité. Bref, n’en jetez plus, la coupe est pleine ! 

 

Et pourtant, c’est pas fini… le Solar Hôtel est un lieu incontournable de la vie associative et militante puisqu’il est le siège de l’ONG Sea Shepherd - donc ne prenez pas peur en voyant rentrer dans l'hôtel des jeunes vêtus avec des têtes de mort -, qui y organise régulièrement ses conférences de presse. Tout comme d’autres organisations ou partis politiques de différents bords.

 

                   Daniel Cohn-Bendit et Jean-Louis Borloo en conférence de presse dans le jardin du Solar Hôtel -

                   © Solar Hôtel

 

Pour être honnête, on ne peut que comprendre... le jardin et l’accueil y sont tellement chaleureux ! Chez Les Pandas Roux, on hésite même à y installer nos quartiers d’été…

 

 

Pour tout savoir sur le dispositif éco-responsable mis en place par le Solar Hôtel, c'est ici !

 

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Please reload