100 jours sans supermarché, ça a super (bien) marché !

27.03.2018

 

CONSOM'ACTION - En 2017, Mathilde Golla s'est lancé un défi fou : consommer en circuits courts - avec un minimum d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur - pendant 100 jours.

Une expérience dont elle est sortie transformée au point d’en faire un livre, préfacé par Cyril Dion, intitulé... "100 jours sans supermarché » ! Journaliste au Figaro, Mathilde nous a accordé une interview à la cafèt’, chouette ?

 

 

 

 

Vous avez dit malaise agricole ?

 

Mathilde s’est lancé ce défi après une discussion avec le voisin de sa mère, producteur laitier, qui a arrêté son activité pour se mettre à la retraite prématurément. Pourquoi ? Parce qu’il vendait le litre de lait 20 centimes à la grande distribution alors que ça lui coûtait 30 centimes de le produire. Il ne pouvait donc pas continuer. Pour Mathilde c’est un choc, un agriculteur de pères en fils, qui travaille 70 heures par semaine depuis 42 ans sans interruption, sans vacances… ce n’est pas possible, il y a forcément un moyen d’éviter ça. Mais au fait, qu’en est-il des autres producteurs ?

 

1 agriculteur sur 5

 

perd de l’argent en faisant son métier.

Et 1 agriculteur sur 2 gagne autour de 300€ par mois. 

 

Après s’être renseignée, déformation professionnelle oblige, Mathilde a constaté que le voisin de sa mère n’était pas un cas isolé puisqu’en France, un agriculteur sur cinq perd de l’argent en exerçant son métier et un agriculteur sur deux gagne autour de 300 euros par mois. Mais des moyens de consommer plus profitables aux producteurs existent-ils ? C’est en tentant de répondre à cette question que la vie de Mathilde a changé…

 

 

Hello producteurs, ciao intermédiaires

 

Évidemment oui. La réponse était finalement simple pour peu qu’on ait de la volonté et qu’on soit prêt.e à affronter le changement. En contournant les intermédiaires, Mathilde a découvert que de nombreuses alternatives existent : les marchés de producteurs – en faisant attention à bien avoir affaire à des producteurs et pas des grossistes qui courent les marchés –, les ventes en direct à la ferme, les épiceries paysannes (groupement de producteurs ou un petit magasin local avec un seul intermédiaire), la ruche qui dit oui, les sites Internet et autres applications qui permettent de mettre en relation directe producteurs et consommateurs. Le choix est pléthorique, que vous viviez à Paris ou en région. Mention spéciale aux régions du sud cependant où le circuit court semble très bien se porter (parole de Mathilde qui a enquêté sur le terrain).

 

 

Un esprit sain dans un corps sain

 

En consommant local et sans intermédiaires, notamment industriels, Mathilde confie avoir eu le sentiment d’être en meilleure santé : « j’avais l’impression d’un regain d’énergie en mangeant mieux. J’ai demandé à des nutritionnistes qui m’ont confirmé ce constat. Ils m’ont expliqué que plus on consommait fraîchement le produit après la récolte plus il contenait de nutriments et que c’était logique d’être en meilleure santé en consommant local ». Un esprit sain dans un corps sain donc. Mais peut-on tout consommer en circuits courts ? 

 

 

Pas de pot pour le papier hygiénique

 

La réponse est (presque) OUI. Grâce au célèbre trio bicarbonate de soude, savon noir et vinaigre blanc, Mathilde a pu confectionner elle-même ses produits d’entretien de la maison et ses produits cosmétiques. Par exemple : pour 6,5€ de pastilles de savon achetées chez un savonnier à Marseille (oui, Mathilde a beaucoup voyagé pendant 3 mois) elle a pu créer sa propre lessive en quantité suffisante pour tenir un an.

Mais, comme il n’est pas d’aventure parfaite, il y a un produit de consommation quotidienne que Mathilde a été obligée d’acheter en supermarché : le papier hygiénique.

Allez, faute avouée à moitié pardonnée. 

 

 

 

 

 

Demandez l’programme

 

De cette expérience formidable au pays d’un monde qui marche enfin sur ses deux jambes et plus sur la tête, Mathilde en a fait un récit, à retrouver dans son livre 100 jours sans supermarché. Dans ce véritable guide des circuits courts, une première en France, vous découvrirez ses solutions alternatives pour consommer local, durable, économique et goûtu. Mathilde y livre également quelques unes de ses adresses, recettes et astuces pour fabriquer produits d’entretien et autres cosmétiques soi-même par exemple. En bouchée apéritive, une préface de Cyril Dion, auteur de Demain, vous mettra en appétit.

 

Aux intéressé.e.s, curieux.ses ou converti.e.s qui veulent lire ce bel ouvrage, il va sans dire que vous ne l’achèterez point sur Amazon mais chez votre libraire de quartier… ben oui, on a dit « circuits courts », pas « court-circuit » !

 

 

 

 

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