Le tunnel anti-embouteillage, transport urbain du futur ?

27.07.2017

TRANSPORT – Fin 2016, Elon Musk annonçait ironiquement sur Twitter qu’il allait mettre fin aux embouteillages à Los Angeles. Comment ? En créant un réseau de tunnels dans lequel les voitures circuleront sur des plateformes lancées à 200km/h, tout simplement. Huit mois plus tard, un premier tronçon existe et des tests ont commencé. Retour sur ce projet fou.

 

 

 

 

Tout part d’une blague d’Elon Musk. Le 17 décembre 2016, en route vers le siège de sa société SpaceX basée à Los Angeles, le fantasque (mais milliardaire) fondateur de Paypal et Tesla se retrouve coincé dans les embouteillages. Il tweet, un brin irrité, un brin amusé :

 

Tweet n°1 : une idée en l'air...

« Les embouteillages me rendent fou. Je vais construire un tunnelier et simplement commencer à creuser ».

 

 

Tweet n°2 : une idée en l'air à laquelle il donne un nom quelques minutes plus tard...

« Je l’appellerais The Boring Company ». (NDLR : en anglais « boring » signifie à la fois « forer, creuser » et « ennuyeux »).

 

 

Tweet n°3 : une idée en l'air qui a un nom = un début de projet chez Elon Musk

 « En fait, je vais le faire. »

 

 

De la blague au projet fou

 

En quelques tweets, la blague devient une idée folle : créer un réseau de tunnels pour désengorger le trafic dans les grandes villes. Comme à son habitude, Elon Musk n’en dit que très peu sur les modalités (fonctionnement, coûts, délais, autorisation, etc.) de son projet. Il lâche sa bombe mine de rien et puis s’en va. En février 2017, The Boring Company voit cependant le jour et annonce commencer à creuser un tunnel à Los Angeles. Bon, pourquoi pas. Trois mois plus tard, le 2 mai 2017, Elon Musk dévoile son projet dans une vidéo d’animation :

 

 

On y voit une Tesla (tant qu’à faire !), dans un décor urbain futuriste, emprunter un ascenseur en bordure de chaussée pour rejoindre le réseau de galeries souterrain. La voiture, stationnée sur une plateforme individuelle, entame sa descente et rejoint un tunnel dans lequel elle est propulsée sur un rail à une vitesse de 200km/h. Le tout piloté automatiquement par ordinateur. C’est assez impressionnant mais toujours rien de concret me direz-vous… Dix jours plus tard, le 12 mai, le milliardaire poste une vidéo décoiffante d'un premier test sur son compte Instagram, en précisant : « Attention cette vidéo peut provoquer des malaises » :

 


 

Effectivement, mieux vaut garder sa ceinture attachée. Et cette semaine, le premier test de l’ascenseur à voiture est également effectué :

 

Il sait ménager ses effets, Elon. Quand on pense que tout ça n’était qu’une blague il y a quelques mois et que Monsieur Musk ne « consacre que 2 à 3% de {son} temps à ce projet », on se dit que le réseau de transport urbain du futur est peut être en route ? Oui, bon c'est pas si simple…

 

 

Quel avenir pour le tunnel anti-embouteillage ?

 

Deux villes, Los Angeles et Chicago auraient manifesté leur intérêt pour des projets faisant appel à cette solution innovante. L'une comme l'autre souhaiteraient réaliser des liaisons entre leur quartier d’affaires et leur aéroport. Toutefois, si l’idée est mise sur la table, les projets sont pour l’heure toujours dans les cartons. Et s’ils se concrétisent, on est bien loin du réseau tentaculaire imaginé par Elon Musk dont on peut se demander s’il verra le jour tant les travaux titanesques, les coûts de construction encore trop élevés et les freins administratifs semblent nombreux. Les bouchons à Los Angeles ont donc encore de beaux jours devant eux. Le cinéma hollywoodien aussi, du coup…

 

 Scène d'ouverture du film La la land

 

 

 

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