• Léa & Thibaut

Révolution écologique : 5 initiatives de 2019 qui laissent espérer un changement de cap en 2020.

Mis à jour : janv 7



Si 2018 fut l’année de la prise de conscience massive de la crise écologique et du virage drastique que nous devions opérer pour y faire face, 2019 devait être l’année du passage à l’action.


En 2019 des millions de colibris ont pris conscience de la situation et agi. Certes...

Et les grandes entreprises et gouvernements ont fait mine, avec leur gravité souvent feinte, de prendre des mesures pour amorcer la révolution écologique. Et parfois, ce fut le cas.

Mais de l’avis des ONG et de millions de citoyen.ne.s, l’interdiction des touillettes en plastique ou autres taxe carbone sont des mesurettes à des années lumière de l’état d’urgence dans lequel le monde se trouve.


2020 marque le début d'une décennie totalement décisive pour le vivant. Et si le premier vrai test en termes de résultats est pour 2030, date à laquelle les pays signataires des Accords de Paris doivent avoir réduit de 45% leurs émissions de gaz à effet de serre, avant d'atteindre la neutralité carbone en 2050, c'est bien dès 2020 que les politiques pour atteindre ces objectifs doivent être mises en place. Mais, alors que "la maison brûle", littéralement, on n'y est pas du tout.


L’Australie, en proie à un gigantesque incendie au moment où nous écrivons ces lignes, en est le triste rappel. Et un condensé de ce qui nous attend toutes et tous et très vite (en vrai, ça a déjà commencé, vous l'avez senti cet été). Oui, vous nous voyez venir, nous allons allègrement atteindre le point Greta Thumberg...



Ce samedi 5 janvier 2020, elle écrivait sur sa page Facebook :


« L'été là-bas vient tout juste de commencer.  2019 fut une année de records de température et de sécheresse.

Ce samedi 4 janvier, la température hors de Sydney était de 48,9°C.

Il est estimé que 500 millions d'animaux ont péri dans ces feux dévastateurs. Plus de 20 personnes y ont perdu la vie et des milliers de maisons ont été complètement brûlées. 


D'après le Sydney Morning Herald, les feux ont déjà craché deux tiers des émissions de CO2 annuelles du pays. La fumée a désormais atteint et recouvert des glaciers en Nouvelle-Zélande, les réchauffant ainsi et les faisant fondre encore plus vite.


Et pourtant.  Tout ceci n'a engendré aucune action politique.  Nous sommes encore et toujours incapables de faire la connexion entre la crise climatique et les températures extrêmes et autres catastrophes naturelles qui nous frappent. 

Il est temps que ça change. »


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En quelques lignes, Greta nous rappelle donc la situation inextricable de laquelle nous devons nous sortir... sans pouvoir compter sur nos dirigeants. Jusqu'à maintenant.


Mais ne cédons pas au pessimisme.

Pour vous donner courage et inspiration, Les Pandas Roux partagent cinq initiatives qui ont selon nous marqué 2019, qui vont dans le bon sens et qu’il convient de démultiplier à toutes les échelles pour faire en sorte que la vie perdure encore un peu...



1. L’Affaire du siècle, une pétition record signée

par presque de 2,3 millions de français.e.s


© L'affaire du siècle

En décembre 2018, quatre ONG – Notre affaire à tous, Oxfam France, la Fondation Nicolas Hulot et Greenpeace France – lancent une pétition pour soutenir une action en justice contre l’inaction climatique du gouvernement français, accusé de ne pas tenir ses propres engagements en matière de limitation des émissions de gaz à effet de serre et de transition énergétique. En moins de 36 heures, la pétition recense plus d’un million de signataires et dépasse les 2 millions au bout de 3 semaines.


L'année démarrait en fanfare. L'État est lui resté muet.


En mars 2019, face à l’absence de réponse concrète de l’État, les quatre ONG lancent un recours au tribunal administratif de Paris. 10 mois après, rien n’a changé et la procédure peut encore prendre jusqu’à 3 ans. Mais les quatre associations continuent d’avancer sur le sujet et ont ouvert un site, le retard du siècle, où chacun.e peut témoigner des effets du changement climatique dans sa région. Plus de 15 000 témoignages sont déjà en ligne ! Bientôt le vôtre ?


Pourquoi c’est positif ?

. Parce que le nombre de signataires est historique et montre que nous sommes de plus en plus nombreux.euses concerné.e.s par ces questions.

. Par ce que l’État va devoir répondre de son inaction face à la justice, même un peu trop tard.

. Parce que saisir la justice pour permettre des avancées écologiques, ça marche déjà à l’étranger (en Colombie, aux Pays-Bas, etc.).



2. Les « décrocheurs de portrait » relaxés


© Reporterre


Justice toujours, en septembre 2019, le tribunal de Lyon relaxe les « décrocheurs de portraits » qui, en février, s’étaient introduits dans la mairie du 2e arrondissement de la ville de Lyon et avaient décroché le portrait du Président Emmanuel Macron. Un geste symbolique qui, une fois encore, était un prétexte pour mettre l’accent sur le décalage entre le discours et les actes du président et de son gouvernement.

Reconnaissant la réalité du vol d’un objet «d’une valeur fortement symbolique», le juge estime dans sa décision que le décrochage du 21 février par une vingtaine de militants lyonnais a été un geste «manifestement pacifique», représentant un «trouble à l’ordre public très modéré», puisque «le mode d’expression des citoyens en pays démocratique ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique». 

Le tribunal de Lyon estime ainsi que ces actions de désobéissance civile ont un «motif légitime» : l'urgence climatique. C’est pas chez les Pandas Roux qu’on va le contredire !


Pourquoi c’est positif ?

. Parce que dans un monde où la collusion règne et l’indépendance de la justice est parfois mise en cause, cette décision inattendue est un signal positif fort. Et pourrait même faire jurisprudence.

. Parce que toute la société est concernée et les juges aussi peuvent, grâce à des décisions symboliques, infléchir le cours des choses.



3. Le gouvernement impose un repas végétarien

par semaine dans les cantines scolaires


© Droits réservés


Parce qu’au sortir des fêtes de fin d’année, les omnivores parmi vous ont sans doute consommé de la viande à gogo et à beaucoup -trop- de repas, il est temps de se poser une bonne question : en aviez-vous besoin pour votre santé ? Non, et ce n’est plus à prouver. Et cela, sans ajouter la catastrophe écologique que l’élevage intensif provoque dans de nombreuses régions du monde (vous aviez déjà oublié les feux de forêts en Amazonie pour permettre la culture du soja afin de nourrir les bœufs français ?). L’éducation alimentaire commence dès tout petit et dès l’école, à la cantine. Afin de faire évoluer les pratiques et mettre en avant d’autres sources de protéines tout aussi bonnes pour la santé (et meilleures pour l’environnement), le gouvernement a mis en place une mesure, mais aussi une méthodologie, visant à accompagner les acteurs de la restauration scolaire dans l’offre d’un menu 100% végétarien dans toutes les cantines et ce, au moins une fois par semaine. Cette initiative, d’abord menée à titre expérimental, est en vigueur depuis le 1er novembre dernier. Des experts et chercheurs proposent des repas nutritionnellement intéressants dont les aliments sont sourcés localement et qui limitent le gaspillage alimentaire.


Pourquoi c’est positif ?

. Parce que, chez Les Pandas Roux, le manger, c’est la base et qu’on ne plaisante pas avec ça.

. Parce que l’empreinte carbone de l’élevage est beaucoup trop importante pour rester les bras croisés face à une alimentation tout carnivore dans nos régions.

. Parce que cela permet de donner à tou.te.s des connaissances et informations sur son alimentation dès tout petit afin de pouvoir faire ensuite des choix éclairés en fonction de ses envies et de ses besoins.

. Parce que, quoi qu’en disent les carnivores, une alimentation végétarienne peut être un délice gustatif. Pour preuve, cette recette de foie gras vegan bluffant testée pendant les fêtes par vos serviteurs : https://www.lapetiteokara.fr/le-vrai-faux-gras-vegan-bluffant/

. Parce que les actions fortes du gouvernement en matière de révolution écologique sont rares et qu’il faut les encourager quand il y en a.



4. Cold Play reporte sa tournée mondiale pour limiter son empreinte carbone


© Les Echos - Droits réservés


Le 21 novembre dernier, à l’occasion de la sortie de son huitième album « Everyday life », le groupe Cold Play annonçait vouloir retarder sa tournée de deux ans pour en limiter l’impact sur l’environnement. « Nous allons prendre notre temps, au cours des deux années à venir, pour faire en sorte que notre tournée soit non seulement respectueuse de l’environnement, mais aussi qu’elle ait un impact positif. Sur le plan environnemental, notre tournée sera aussi exemplaire qu’elle puisse l’être », explique Chris Martin. Avant de nuancer toutefois «Le plus difficile, ce sera l’avion, a concédé le leader du groupe, avant de poursuivre sur ses intentions : "par exemple, notre rêve est de proposer une tournée sans plastique à usage unique et alimentée en grande partie par l’énergie solaire».


Une initiative pas inintéressante quand on sait que la précédente tournée comptait 122 dates à travers le monde. En espérant, bien sûr, que la communication autour de cette initiative ne soit pas intéressée… Étant concomitante avec la sortie de leur album, les sceptiques diraient qu’il s’agit d’un beau coup de com’ ! Allez savoir… Mais comme on dit chez Les Pandas Roux : « c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ! ». Et nous – mais surtout les spectateur.trice.s – seront là pour rappeler ces beaux engagements à Cold Play… Viva la vida !


Pourquoi c’est positif ?

. Parce que, si le discours est suivi d’effets, ce serait une première qu’une tournée mondiale ait un impact neutre voire positif pour l’environnement.

. Parce que les artistes ont un rôle prépondérant à jouer en matière de sensibilisation et d’action pour réussir la révolution écologique.

. Parce que chez Les Pandas Roux, on n’est pas particulièrement fans du groupe et que 2 ans de retard, on peut attendre.



5. La ville de Rennes va supprimer les terrasses chauffées


© PQR - Nice Matin


Ah, le petit café du 15 janvier consommé en terrasse sous le doux soleil d’hiver et bien chauffée par des chauffages d’appoints proposés par la brasserie… Ne vous cachez pas derrière votre plaid, on sait que, comme nous, vous plaidez (vous l’avez ;) ?) coupable, que ce soit pour le café du matin ou la bonne bière de l’after-work. Et bien tout ça, c’est fini. Pas partout, pas encore. Mais au moins à Rennes qui a décidé de bannir radiateurs et autres chauffages extérieurs de ses terrasses à partir du 1er janvier de cette nouvelle année.


En effet, la municipalité a agi dans un souci de cohérence avec les gestes effectués au quotidien en faveur de l’écologie, que ce soit par la ville et ses citoyen.ne.s. Chauffer l’extérieur commençait à devenir un non-sens pour des tenanciers de café et autres bars mais aussi pour les consommateur.rice.s qui tentent d’apporter leur pierre à l’édifice d’un monde plus vert.


Si quelques frileux grognent au loin, la mesure est déjà saluée par de nombreuses villes et nous ne pouvons qu’espérer que d’autres métropoles françaises (et européennes) lui emboîtent bientôt le pas. Et si vous tenez vraiment à la terrasse en dehors des beaux jours, plaids et boissons chaudes pourront toujours venir à bout des frimas !


Pourquoi c’est positif ?

. Parce que chauffer l’extérieur, en plein réchauffement climatique, ça peut paraître légèrement incohérent.

. Parce que cela permet de réaliser une économie d’énergie qui pourra être employée pour d’autres besoins plus utiles et nécessaires (ou juste une économie d’énergie tout court).

. Parce que la preuve par l’exemple devrait pouvoir fonctionner et que d’autres villes pourront alors emboîter le pas de la capitale bretonne.



BO-BO-BONUS - La Thaïlande interdit les sacs plastiques pour le meilleur… ou pour le pire !


© ROV ไหมละ / Facebook


Les initiatives en faveur de l’écologie ne fleurissent pas qu’en France. La Thaïlande a, elle aussi, décidé de bannir une bonne fois pour toute l’utilisation de sacs plastiques à usage unique sur son territoire. L’occasion pour la population thaïlandaise pas toujours préparée à cette mesure de nous faire sourire par sa créativité et son sens de la débrouille. Découverte en images des trouvailles pour palier à l’absence de sacs pour les courses à compter du 1er janvier de cette année https://mothership.sg/2020/01/thailand-plastic-bag-ban/.



On espère que ces initiatives vous redonnent de l’énergie en cette année décisive pour le vivant et on vous souhaite une excellente année 2020, consciente, active et solidaire...


Rendez-vous la semaine prochaine pour la reprise de nos interviews hebdomadaires.


Pandastiquement vôtre,

Léa et Thibaut

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